Formations et parcours d’études pour devenir trader

« Choisissez un emploi que vous aimez ». Cette phrase, souvent réservée aux étudiants les plus brillants des grandes écoles comme Polytechnique, Centrale ou HEC, résonne désormais chez tous ceux qui s’intéressent au métier de trader. Pourquoi ? Parce que le secteur a changé de visage :

  • Le lancement de contrats CFD.
  • Le développement du courtage en ligne.

Voici un tour d’horizon des différentes voies de formation et parcours possibles pour devenir trader en 2021, que l’on possède un diplôme… ou non.

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Qu’est-ce qu’un trader ?

Le trader, figure parfois adulée, parfois critiquée, ne laisse jamais indifférent. On l’associe souvent à une réussite financière éclatante, voire à des excès dignes de films comme Le Loup de Wall Street : fortunes fulgurantes, décadence assumée. La réalité, pourtant, ne colle pas à ces clichés.

Il existe plusieurs profils de traders, chacun doté de compétences spécifiques. Celui qui attire le plus l’attention du grand public, c’est souvent l’employé ou l’indépendant qui achète et vend des actifs financiers dans l’objectif de profiter des variations de prix, à la hausse ou à la baisse, pour le compte d’un client, d’une institution ou pour son propre portefeuille.

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À la différence d’un gestionnaire de fonds, qui investit sur le long terme, le trader adopte une approche spéculative : il cherche à anticiper les mouvements d’actions, d’obligations, de devises, de matières premières, de cryptomonnaies, de taux ou d’instruments dérivés comme les options ou les CFD. Son style de trading, scalping, day trading, swing trading, conditionne son rythme et ses outils.

Le scalper enchaîne les ordres à la chaîne, sur tous types de marchés, en ne gardant ses positions que quelques instants. Sur le Forex, il vise à grappiller quelques points à chaque opération. Ce style, réservé aux plus aguerris, réclame nerfs d’acier, concentration infaillible et résistance au stress, surtout lorsque les effets de levier s’en mêlent. Certains traders enchaînent jusqu’à 500 transactions en une journée.

Le day trader, lui, opère sur des horizons plus larges que le scalper, mais clôture toutes ses positions avant la fermeture des marchés.

Le swing trader surfe sur les tendances qui s’étalent sur plusieurs jours, voire semaines ou mois. Actions, obligations, devises, matières premières : il mise sur la durée, sans pour autant viser le très long terme.

Peu importe la méthode, ces profils s’appuient tous principalement sur les graphiques boursiers et l’analyse technique pour décider d’acheter ou de vendre.

Trader hier, trader aujourd’hui : une révolution silencieuse

Le trader salarié œuvrait autrefois dans les salles de marchés des banques d’investissement, des fonds spéculatifs, des courtiers ou des compagnies d’assurance, ou encore au service de multinationales qui couvraient leurs risques sur le marché des devises. Mais la donne a changé.

L’informatique a bouleversé le secteur. Les cris et les gestes du Palais Brongniart ont disparu, remplacés par les ordinateurs. Fini les cotations à la criée : depuis 1987, tout passe par des échanges électroniques. Le trading discrétionnaire a laissé place au trading algorithmique, les opérations sont automatisées, la vitesse des transactions se mesure en microsecondes.

Résultat : de nombreux postes ont disparu, remplacés par des ingénieurs qui veillent au bon fonctionnement des algorithmes. Goldman Sachs, par exemple, ne compte plus que deux traders humains en 2017, contre 600 en 2000. Les ingénieurs et informaticiens ont pris le relais, incarnant une nouvelle génération de professionnels du trading.

Les différents profils de traders

Voici un aperçu des principaux types de traders, chacun avec ses spécificités :

Les traders pour compte propre spéculent avec le capital de leur banque. Leur rémunération, alimentée par des bonus qui peuvent atteindre des sommets, dépend directement de leurs résultats.

Les arbitragistes ne spéculent pas au sens classique. Leur mission : profiter des écarts de prix entre différentes places boursières pour acheter bas et revendre plus haut, sans prise de risque réelle.

Les market makers traitent des produits dérivés non réglementés (warrants, turbos, CFD) et sont payés selon la marge qu’ils génèrent.

Les traders en couverture exécutent les ordres des clients qui cherchent à se protéger contre les fluctuations de prix, comme les agriculteurs qui sécurisent le prix de leur récolte en achetant des contrats à terme.

Enfin, certains traders ont pour mission d’augmenter la clientèle et le volume des transactions d’une banque, d’un fonds ou d’un courtier :

  • Obtenir un maximum de clients.
  • Booster le volume des transactions.

Les traders d’investissement participent aux opérations de marché des entreprises et aux émissions obligataires.

Il existe aussi les traders du Trésor public, fonctionnaires rattachés à l’Agence France Trésor. Leur rôle : gérer la dette de l’État en empruntant auprès des investisseurs institutionnels au meilleur coût. Depuis la loi du 2 janvier 1974, l’État français ne peut plus emprunter directement auprès de la Banque de France. Il doit passer par les banques commerciales, qui appliquent leur propre taux d’intérêt. L’article 123 du traité de Lisbonne prolonge cette obligation à tous les États membres de l’Union européenne.

Voici quelques-unes des grandes banques internationales qui financent les États :

  • Goldman Sachs
  • Citigroup
  • Bank of America
  • JP Morgan
  • UBS
  • BNP Paribas
  • Société Générale
  • Natixis
  • Crédit Agricole
  • Deutsche Bank

Une journée ordinaire pour un trader salarié

La journée commence tôt. Dès 7h, le trader analyse la clôture des marchés asiatiques et américains, consulte le calendrier macroéconomique, les publications de résultats et les actualités financières. Il affine sa stratégie et prépare ses ordres pour l’ouverture des marchés européens à 9h.

Entre 9h et 17h30, l’activité bat son plein. Les marchés européens puis américains dictent le tempo, les positions sont prises, ajustées, soldées.

Après la clôture européenne, l’œil reste rivé sur les marchés américains, l’évolution des indices, les réactions des investisseurs. Le bilan de la journée, souvent, se fait tard le soir.

Se former pour devenir trader en 2020

Plusieurs parcours mènent au métier de trader. Voici les options qui s’offrent à ceux qui visent ce secteur.

Le parcours académique

Les banques d’investissement et institutions financières privilégient les diplômés à fort bagage mathématique, issus des écoles d’ingénieurs ou des cursus spécialisés en finance de marché. Parmi les établissements les plus recherchés :

  • École Polytechnique
  • Centrale
  • Mines
  • CentraleSupélec
  • ENSTA ParisTech

Pour espérer intégrer ces écoles, un solide parcours scientifique est requis, avec un bac S mention bien, puis une classe préparatoire, avant de franchir la sélection des concours. Les masters spécialisés en finance, proposés par certaines universités ou écoles de commerce, ouvrent davantage la voie à des postes de gestion, de back-office ou de middle-office.

Maîtriser l’anglais est indispensable, la pratique d’autres langues reste un atout pour une carrière internationale.

Voici les qualités clés à cultiver pour espérer réussir dans ce secteur :

  • Discipline
  • Concentration
  • Résistance au stress
  • Humilité
  • Réactivité
  • Force mentale

Sur le plan de la progression, un trader peut encadrer une petite équipe avant, à terme, de prendre la tête d’une salle de marchés.

Les grandes places financières où exercer

Les villes les plus prisées pour faire carrière comme trader :

  • Londres
  • New York
  • Hong Kong
  • Singapour
  • Zurich
  • Francfort
  • Genève

Un trader débutant perçoit un fixe, mais aussi un variable en fonction de ses résultats. Les bonus peuvent atteindre des montants vertigineux : à Wall Street, les traders ont touché un record de 24,5 milliards de dollars en 2017. Même les banques en difficulté, comme Deutsche Bank, n’hésitent pas à verser des bonus de plusieurs milliards d’euros.

Atouts et limites du statut de trader salarié

Côté avantages :

  • Statut de salarié.
  • Bonus élevés et sans plafond pour les meilleurs résultats.

Mais les inconvénients sont bien réels :

  • Journées interminables, de 7h à minuit.
  • Pression constante.
  • Compétition féroce entre collègues.
  • Évolutions de carrière parfois limitées.

À cela s’ajoute une menace persistante : le trading algorithmique et la montée de l’intelligence artificielle, qui suppriment peu à peu les postes traditionnels.

Peut-on devenir trader sans diplôme ?

Bonne nouvelle : il existe aujourd’hui des alternatives pour ceux qui souhaitent se lancer sans passer par la case grande école.

Si vous n’avez pas le parcours académique typique, vous pouvez devenir trader indépendant, depuis chez vous, grâce à :

  • Le développement des CFD.
  • Le trading en ligne.
  • Les courtiers accessibles sur Internet.
  • Les formations de trading en ligne.

Depuis 2007, avec la directive européenne Mifid, le trading s’est largement démocratisé. Les CFD, instruments financiers non régulés, donnent accès au grand public à des marchés auparavant réservés aux professionnels : indices, devises, matières premières, cryptomonnaies, actions…

Les CFD offrent la possibilité de spéculer à la hausse ou à la baisse sur presque tous les marchés mondiaux, avec une mise de départ modeste.

On peut apprendre les bases gratuitement, ou investir dans des livres, des ebooks, ou des formations en présentiel ou à distance. Les plateformes de trading en ligne accueillent tous les profils, mais la discipline reste de mise : sans rigueur ni méthode, le rêve s’arrête vite.

Voici les principaux avantages à devenir trader indépendant :

  • Un complément de revenu appréciable, pour 30 minutes d’activité par jour.
  • La liberté de travailler où l’on veut, si l’on souhaite en vivre à plein temps.

Mais il y a aussi des revers à considérer :

  • Isolement, si l’on ne vit que du trading.
  • Risque de dépendance aux marchés financiers.
  • Gestion émotionnelle complexe, surtout lors des débuts.

Faut-il être surdoué pour réussir dans le trading ?

Certains pensent que le succès en trading tient du don inné. Pourtant, l’histoire démontre le contraire. Richard Dennis, l’un des traders les plus célèbres, a prouvé que la méthode et l’apprentissage peuvent suffire. Il a recruté des personnes ordinaires, formées selon ses règles, qui ont engrangé 175 millions de dollars en cinq ans, avec un rendement moyen de 80 % par an. Ce groupe, surnommé « les tortues », a inspiré des générations de traders.

D’autres grands noms, comme Tom Baldwin, légende autodidacte du marché obligataire américain, affirment qu’aucun diplôme d’ingénieur n’est nécessaire pour réussir. Selon lui, « plus tu es intelligent, et plus tu risques de t’embrouiller ». Les plus grands traders de l’histoire ne sont pas forcément des matheux diplômés, mais des autodidactes partis de rien.

Portraits de traders indépendants d’exception

Jesse Livermore, parti de rien, est devenu le mythe de Wall Street après avoir bâti une fortune de près de 100 millions de dollars. Il fut un pionnier du day trading et du « break out », n’hésitant jamais à renforcer ses positions lorsque la tendance lui donnait raison.

Nicolas Darvas, danseur professionnel devenu trader, a transformé 10 000 dollars en 2 millions en seulement 18 mois, en suivant une stratégie simple et disciplinée. Il ne spéculait qu’à la hausse, ne s’exposant que lorsque toutes les conditions étaient réunies.

Tom Baldwin, figure du Chicago Board of Trade, a quitté son emploi de conditionneur de viande pour devenir millionnaire en un an, avec seulement 25 000 dollars au départ et sans formation financière.

Dan Zanger, trader indépendant américain, détient le record mondial de performance sur fonds propres, transformant 11 000 dollars en 18 millions en 18 mois. Il privilégiait lui aussi le swing trading et la méthode du « break out ».

Côté français, Sylvain Duport a marqué les esprits lors du concours « Trophées Capital », réalisant 500 % de performance en un mois, puis 8000 % sur un an dans son portefeuille d’actions.

Entretien avec Julien Flot, trader indépendant rentable et créateur du site Graphseo Bourse

Julien, pouvez-vous vous présenter ?
Merci pour cette invitation. Je m’appelle Julien Flot, la trentaine, investisseur boursier pour mon compte propre depuis près de quinze ans. Je combine stratégies à court terme et investissements à long terme et j’ai lancé le site Graphseo Bourse en 2006 pour partager mes analyses et méthodes. Aider d’autres investisseurs est devenu une vraie passion.

Comment avez-vous découvert la Bourse ?
Par mes parents. Ma mère détenait des actions Eurotunnel, mon père suivait déjà la Bourse à la fin des années 80. J’ai commencé très jeune, en observant les cotations à la télévision dès mon retour de l’école. J’ai suivi les hauts et les bas de titres comme Peugeot ou Alcatel… c’est là que la passion est née.

Bourse ou trading : votre préférence ?
Je combine les deux. L’investissement à long terme apporte stabilité et vision globale, tandis que le court terme permet de profiter d’opportunités rapides. Tenir un compte de trading aide à ne pas paniquer sur le bruit du marché, à conserver ses positions à long terme sans céder à la peur.

Votre style de trading ?
Principalement le swing trading : des positions maintenues de quelques jours à quelques semaines, parfois plus. Mon portefeuille à court terme tourne en moyenne sur 7 jours, le long terme sur plusieurs mois. Cette approche me paraît la plus adaptée à la majorité des investisseurs, car elle laisse du temps à la réflexion et limite la pression émotionnelle.

Quels actifs privilégiez-vous ?
Principalement les actions. Les matières premières m’intéressent, mais j’y investis via des titres associés. Les actions offrent transparence, liquidité et frais maîtrisés. J’utilise l’analyse fondamentale pour choisir, l’analyse technique pour agir, et la gestion des risques pour cadrer mes décisions.

Formations suivies ?
Autodidacte. J’ai beaucoup appris en échangeant sur des forums, mais c’est surtout l’expérience directe du marché qui m’a tout enseigné. Une formation accélère l’apprentissage, mais rien ne remplace les erreurs sur le terrain.

Principaux obstacles à franchir selon vous ?
Passer du stade où l’on sait ce qu’il faut faire à celui où l’on applique réellement sa méthode. La discipline est le nerf de la guerre. Ensuite, gérer des montants de plus en plus importants requiert une adaptation progressive. Il faut résister à la tentation de tout réinvestir d’un coup. La gestion des risques protège de nos propres excès. Rester patient et savoir préserver ses gains compte autant que la capacité à en générer.

Des ouvrages à conseiller ?
« Secrets pour gagner en bourse à la hausse et à la baisse » de Stan Weinstein m’a marqué, tout comme « Investir dans la valeur » de Peter Lynch. Mais au-delà des livres, échanger et confronter ses expériences avec d’autres traders reste le plus instructif.

Le conseil aux débutants ?
N’investissez que ce que vous pouvez perdre sans bouleverser votre vie. Commencez petit, apprenez à gérer vos émotions avant d’augmenter les mises. La taille des positions doit rester confortable pour ne pas céder à la panique. Avant de chercher à gagner, il faut d’abord apprendre à ne pas perdre.

Faut-il un talent particulier ?
Pas besoin de dons cachés. Le travail, la résilience et la lucidité font la différence. Avec de la persévérance, la plupart peuvent devenir réguliers. Le tout est de rester réaliste sur les rendements attendus et de se méfier des promesses mirifiques. Pour une poignée, la gestion des émotions est innée, mais la grande majorité peut y arriver avec de la patience.

Votre blog a été cité par Capital magazine. Comment l’expliquez-vous ?
Probablement grâce à la richesse du contenu et à la régularité des analyses partagées. Je m’efforce d’y publier des retours d’expérience concrets, ce qui manque souvent ailleurs.

À quoi ressemble une journée type de swing trader indépendant ?
Quand je cumulais trading et emploi salarié, je réservais 30 minutes le soir pour analyser les marchés, repérer les titres à suivre, placer mes alertes et préparer mes ordres pour le lendemain. Le matin, je surveillais l’actualité et ajustais si besoin. En journée, quelques vérifications sur mobile quand c’était possible. Le week-end, je consacrais 2 à 3 heures à affiner ma liste de surveillance et mes plans pour la semaine. L’essentiel est d’apprendre à observer, patienter, et attendre le bon moment pour agir. C’est dans cette discipline que naissent les meilleures opportunités.

Le trading n’est pas une course de vitesse, ni un jeu de hasard. C’est une histoire de méthode, de patience et de lucidité. À chacun de tracer sa voie, loin des clichés, en gardant la tête froide et les pieds sur terre.

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