Le 15 septembre 2008, Lehman Brothers dépose le bilan avec plus de 600 milliards de dollars d’actifs, marquant la plus importante faillite bancaire de l’histoire. L’effet domino s’étend rapidement aux marchés mondiaux, piégeant institutions financières et épargnants dans une spirale de pertes.
Entre 2007 et 2009, plus de 400 banques américaines ferment leurs portes. Les plans de sauvetage gouvernementaux atteignent des montants inédits, tandis que le chômage s’accroît de plusieurs millions de personnes en quelques mois. L’impact économique se fait sentir sur toutes les grandes économies avancées.
Comprendre les origines de la crise financière de 2008
Au centre de la crise financière mondiale de 2008, un mot fuse : subprimes. Ces prêts immobiliers subprimes, distribués sans discernement à des foyers vulnérables, alimentent une bulle sur le marché immobilier américain. Les prix flambent, les acteurs du marché du crédit s’emballent, et l’impression de croissance cache une accumulation silencieuse de risques.
La titrisation emballe ce processus : des créances peu fiables se retrouvent transformées en produits financiers complexes, disséminés partout. Les banques, sûres de répartir le danger, accumulent ces titres, tandis que les agences de notation baissent la garde. Avec la Fed maintenant des taux d’intérêt planchers, l’endettement s’accélère. Les ménages s’endettent encore, persuadés que la hausse des prix immobiliers ne s’arrêtera jamais.
Mais tout s’effondre. Les défauts de paiement s’enchaînent, la chute des prix immobiliers commence. Pris de court, les banques centrales doivent improviser pour limiter le désastre. Aux États-Unis, la banque centrale tente d’éteindre l’incendie, mais la panique gagne vite l’ensemble des marchés. La crise des subprimes devient une crise financière planétaire, révélant la vulnérabilité du système financier moderne.
Pourquoi certaines banques ont-elles fait faillite ? Analyse des mécanismes en jeu
La faillite de Lehman Brothers cristallise à elle seule la violence de la crise bancaire. Pourtant, derrière ce séisme, la mécanique est collective. De nombreuses banques commerciales américaines comme européennes, lourdement exposées aux titres liés aux prêts immobiliers subprimes, voient la valeur de leurs actifs plonger en un éclair. La défiance des investisseurs s’installe, provoquant une fuite des dépôts et un arrêt brutal du système bancaire mondial.
Plusieurs engrenages se mettent en branle. D’abord, l’anticipation d’un effondrement du marché fait chuter les cours et assèche la liquidité. Les besoins en fonds propres, déjà fragilisés par une titrisation à outrance, explosent sous les pertes latentes. Les tests de résistance s’avèrent défaillants. Quand certaines banques ne peuvent plus se refinancer sur les marchés financiers, la cessation de paiement n’est plus évitable.
Les banques centrales – à commencer par la Fed – prennent alors des mesures d’urgence. Assouplissement quantitatif, baisse des taux directeurs : la riposte est massive, mais la méfiance s’est propagée. La confiance s’est évanouie, exposant au grand jour les faiblesses structurelles du secteur bancaire international.
Chiffres clés : faillites bancaires et pertes économiques majeures
La vague de banques ayant fait faillite entre 2007 et 2009 incarne toute la violence de la grande récession. Lehman Brothers, géant de Wall Street, s’écroule en septembre 2008 avec plus de 600 milliards de dollars de dettes : un choc, mais loin d’être isolé. En Europe, BNP Paribas gèle trois fonds exposés aux subprimes dès l’été 2007, un signe avant-coureur d’une crise qui balaie le système bancaire mondial.
Quelques données résument l’ampleur du cataclysme :
- Plus de 600 banques américaines disparaissent entre 2008 et 2012 d’après la Federal Deposit Insurance Corporation.
- En France, la création de la SFEF (Société de financement de l’économie française) garantit 265 milliards d’euros pour enrayer la contagion et soutenir les banques.
- En Suisse, Credit Suisse et UBS reçoivent un soutien massif, preuve que même les géants européens, dans et hors zone euro, ne sont pas à l’abri.
Les dégâts ne s’arrêtent pas aux banques. La récession frappe toute l’économie mondiale : en 2009, le PIB de la zone euro décroche de près de 4 %, une chute inédite depuis la grande dépression. Le chômage bondit, passant la barre des 10 % dans plusieurs États, tandis que les plans de relance publics se comptent en centaines de milliards d’euros.
Une crise boursière balaie la capitalisation des grands établissements financiers. Les États interviennent en urgence, injectant des sommes vertigineuses pour stabiliser le système et éviter un effondrement généralisé.
L’impact durable de la Grande Récession sur l’économie mondiale et la société
La grande récession n’a pas seulement déstabilisé les marchés : elle a laissé des traces profondes dans l’économie et la société. Le chômage s’installe durablement dans de nombreuses économies développées. Aux États-Unis, il franchit la barre des 10 % dès 2009. L’Europe encaisse elle aussi une vague de licenciements sans précédent. Les ménages voient fondre leur patrimoine : prix immobiliers en berne, portefeuilles boursiers amputés, consommation en recul.
Tensions sociales et défiance envers les institutions montent en flèche, à un niveau rarement atteint depuis la grande dépression. En Grèce, en Espagne, au Portugal, l’austérité allume la mèche de mouvements de protestation d’ampleur, bouleversant l’équilibre politique. La crise économique mondiale met en lumière les faiblesses du modèle capitaliste et fait émerger la question d’une régulation accrue des marchés financiers.
Face à la spirale déflationniste et à la fragilité persistante du système, les banques centrales innovent et multiplient les mesures inédites. Citons les grands axes de ces politiques :
- Assouplissement quantitatif massif orchestré par la Fed et la BCE
- Abaissement des taux directeurs à des niveaux historiquement bas
- Interventions répétées sur les marchés obligataires
Les politiques budgétaires se tournent vers l’expansion, au prix d’une explosion de la dette publique. Le protectionnisme retrouve une place dans certains discours, tandis que les fondements du libéralisme sont remis en question. Le débat sur la nécessité de régulation s’impose, du G20 à la Commission européenne. La grande récession a marqué durablement le marché mondial et reste un point de référence pour tous ceux qui scrutent la stabilité financière. Les cicatrices sont là, visibles et souterraines à la fois, signes que la confiance n’est jamais définitivement acquise.


