Comment calculer l’endettement d’une société ?

Article mis à jour le 10 mars 2021

Analyse des capitaux propres

Le concept de fonds propres

Le capitaux propres (la notion de capital est très proche) constituent une masse au sommet du passif du bilan. Il s’agit de la partie la plus stable du patrimoine au fil du temps. Les capitaux propres sont les ressources financières propres de l’entreprise. Ces fonds proviennent principalement de contributions des associés (capital) et bénéfices réalisée par l’entreprise.

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Une question se pose souvent des non-initiés en finance : pourquoi ces capitaux sont-ils inscrits au passif du bilan, comme les dettes ? Pour répondre, il faut d’abord se rappeler qu’une entreprise appartient principalement (du moins d’un point de vue juridique) à ses propriétaires ( les associés , pour une entreprise). Les capitaux propres constituent donc la « dette » de la société envers ses associés. En cas de liquidation de la société, le montant des capitaux propres sera être retourné aux partenaires (en cas de liquidation judiciaire, en cas d’insolvabilité, l’équité est très souvent négative… et les associés perdent toutes leurs contributions).

Le contenu de l’équité

ACTIF NE RÉPOND PAS
Immobilisations

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Circulation active

Actions

Capital

Réserve légale

Autres réserves

Report

Résultat de l’année

Subvention aux investissements

Disposition réglementée

Disposition

Dette

Certains éléments de capitaux propres sont relativement connus :

  • la capitale  : elle représente les contributions (en espèces ou en nature) des associés lors de la création de la société ou au cours de la vie (augmentation de capital),
  • le résultat de l’exercice désigne le résultat (ou la perte) réalisé par l’entreprise au cours du dernier exercice. Il est obtenu par différence entre les revenus et les dépenses. En cas de perte, ce poste apparaît avec le signe « — » dans le bilan.

D’autres postes sont beaucoup moins connus, tels que les réserves légales, les autres réserves et le report à nouveau. Ces trois postes découlent de la répartition des résultats.

En cas de profit, les entreprises doivent, dans les 6 mois suivant la fin du dernier exercice comptable, percevoir un assemblée générale partenaires afin de décider de l’attribution de ce résultat. Les partenaires ont trois grandes familles de choix :

  • le paiement de dividendes pour le bénéfice des partenaires : ce montant laissera capitaux propres
  • le réserves  : les sommes correspondant au profit restent dans la société afin qu’elles puissent financer son développement
  • le report de nouveau (créancier) : Cette élection correspond à un report de la décision d’attribution à l’année prochaine.

Dans certaines sociétés commerciales (SA, SAS, SARL, SCA), l’incorporation de réserves est obligatoire . Chaque année, réserve légale reçoivent 5 % du bénéfice de l’exercice, jusqu’à ce que son montant total atteigne 10 % du capital.

En cas de résultat négatif (perte), le choix est beaucoup plus restreint ! Si les associés peuvent couvrir les pertes en réduisant le capital (perte pour ce dernier), la plupart du temps, le résultat est déclaré en report nouveau débiteur , avec un signe « – ».

Enfin, l’équité comprend également subventions à l’investissement . Il s’agit de fonds provenant d’organismes publics et ne nécessitent pas de remboursement. Le dispositions réglementées sont des avantages fiscaux accordés par la législation fiscale en cas de réalisation de certaines dépenses ou investissements.

Analyse de l’équité

Capital y compris les contributions des associés et la somme des bénéfices passés non distribués, on peut déduire qu’une société vaut approximativement le montant de ses capitaux propres. Cette analyse de type » patrimoniale « est de considérer qu’une entreprise vaut ce qu’elle possède (immobilisations, trésorerie, inventaire) après le remboursement de toutes ses dettes. Nous parlons d’actifs comptables nets.

En outre, en tenant compte du bilan du bilan (total de l’actif = total du passif), le calcul suivant peut être effectué : capitaux propres = actifs du bilan — Dettes

Pour obtenir un Évaluation plus réaliste d’une entreprise, il est d’usage de réévaluer les immobilisations en fonction de leur valeur marchande et d’ajouter le » Bonne volonté  ». Ce dernier terme correspond à la valorisation de l’avenir de la société en termes de flux de trésorerie prévisionnels.

Au premier coup d’œil du bilan, un analyste financier pourra procéder aux étapes suivantes (il n’y a pas d’ordre réel à suivre) :

1) Analyse du capital  : Le niveau peut être utilisé pour évaluer la capacité d’une entreprise à attirer des investisseurs

2) Analyse des résultats de l’exercice pour déterminer si le dernier exercice a été bénéficiaire : si ce résultat est considéré comme relativement stable au fil du temps, il est possible de calculer ROE : rendement des capitaux propres. RAO = Résultat net x 100 Capitaux propres excluant le résultat

Ce taux représente le rendement annuel des capitaux propres.

C’est la logique des associés ou des actionnaires. Cet indicateur peut être comparé au taux d’intérêt d’un investissement financier.

Exemple : Un RAO de 20% signifie que pour 100 euros de fonds propres, la société a 20€ de bénéfice net annuel.

3) Analyse des réserves  : Les réserves importantes signifient que dans le passé la société a réalisé des bénéfices. Inversement, l’absence de réserves importantes peut correspondre soit à un manque de bénéfices, soit à une politique de distribution massive des dividendes aux associés.

4) Analyse du montant global des capitaux propres  : cette masse doit être analysée dans le cadre de la fonds de roulement (RAD), puis comparer la dette (voir dernier paragraphe).

En cas de situation financière difficile, les capitaux propres peuvent être négatifs, ce qui signifie qu’une entreprise a une valeur patrimoniale inférieure à zéro. Cette situation se produit en cas de pertes cumulatives excédant le montant du capital et des réserves.

Dans SA, SARL, SAS et SCA, le Code de commerce exige la tenue d’un assemblée générale extraordinaire (AGE) quand Les capitaux propres deviennent moins de la moitié du capital . Au cours de cette AGA, les partenaires devront décider de poursuivre ou non les activités de l’entreprise. Si le jugement est rejeté, la société a jusqu’à la fin du deuxième exercice fiscal suivant l’EG pour recouvrer un montant de fonds propres conformément à la loi.

Analyse de la dette

La dette est la deuxième solution permettant aux entreprises de financer leurs activités.

Cette analyse ne prend en compte que dettes financières , qui ne sont pas liés à l’exploitation de l’entreprise. Les dettes payables, fiscales et sociales sont donc exclues de cette approche.

Au sens large, les dettes financières (ou endettement financier) comprennent :

  • le emprunts avec les établissements de crédit
  • le concours bancaires en cours ou des soldes débiteurs bancaires (découverts)
  • emprunts obligataires : emprunt public sur les marchés financiers
  • le dettes financières diverses  : ils recouvrent principalement les montants prêtés par les autres sociétés du groupe.

Le principal risque de dette est l’incapacité de l’entreprise à rembourser les prêteurs, ce qui dans le pire des cas peut conduire à une liquidation judiciaire.

Pour vérifier si la dette est supportable, deux grands ratios sont généralement calculés :

1) Dettement financier/capacité d’autofinancement (CIF)

Nous rappelons que la CAF correspond à la trésorerie potentielle générée par son entreprise au cours d’un exercice financier. En d’autres termes, il s’agit du flux de trésorerie correspondant au bénéfice de l’année.

FAC simplifiée = Résultat de l’exercice Fonds de dotation

Le ratio dette financière/ CAF ne devrait en principe pas dépasser 4. Cela signifie que l’endettement total ne doit pas dépasser quatre ans de trésorerie Potentiel (CIF) .

Dans finance internationale, nous parlons plus du ratio Dettement financier/EBITDA .

Ce ratio est assez proche. Pour rappel, le BAIIA est un indicateur dont le calcul ressemble à l’EBE (excédent brut d’exploitation simplifié = Ventes — Achats aux fournisseurs — taxes et taxes — dépenses de personnel).

2) Coûts/ EBE

Ce ratio exprime la proportion de trésorerie potentielle d’exploitation (EBE) utilisée pour payer les coûts financiers (intérêts sur emprunt et agios).

Afin de maintenir une situation saine, ce ratio ne doit pas dépasser 30%.

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Actions et solde de la dette

Une analyse approfondie du passif du bilan nécessite un examen du solde des capitaux propres par rapport à la dette.

Analyse du fonds de roulement

Les capitaux propres et les dettes financières constituent le capital permanent de la société.

Leur niveau global est considéré comme suffisant lorsqu’ils couvrent :

  • le montant de immobilisations nettes
  • et la nécessité de fonds de roulement ( BFR  : encaisse à l’avance nécessaire pour couvrir le décalage horaire entre les décaissements et les rentrées de fonds du cycle opérationnel).

En France, il est d’usage dans l’analyse financière de calculer la FDR (fonds de roulement) ou FRNG (fonds de roulement net total).

RAD = Capital permanent — Immobilisations

Par conséquent, les fonds de roulement représentent le financement en capital excédentaire. Mieux que le FDR être positif . Les immobilisations doivent être financées par des ressources à long terme (capitaux propres et dette financière, c.-à-d. capital permanent). Ce type de matelas de sécurité doit être suffisant pour couvrir le BFR . Certaines entreprises (en particulier les détaillants de masse) peuvent se permettre d’avoir un FDR négatif dans la mesure où leur BFR est lui-même négatif (justifié par le fait que les clients paient sans délai de paiement alors que les fournisseurs sont payés avec un retard important).

Indépendance et autonomie financière

Indépendance financière

En analyse financière, il est admis que la société doit se conformer au principe de indépendance financière . Selon cette règle, le montant de les dettes financières ne doivent pas dépasser le montant de capitaux propres .

Même si le non-respect de cette règle n’entraîne pas automatiquement l’insolvabilité de l’entreprise, dans une telle situation, elle encourt les risques suivants :

  • Impossibilité d’obtenir de nouveaux emprunts (ou à des taux élevés)
  • Risque de pression de la banque sur la prise de décision des dirigeants de l’entreprise.

Lors de la création de l’entreprise, cette règle est perçue d’une manière différente, plutôt comme un objectif à atteindre grâce aux profits futurs. À la origination , les institutions bancaires sont généralement exigeantes 30% d’autofinancement aux fondateurs.

L’indépendance financière peut être mesurée par le rapport suivant :

Ratio d’indépendance financière = Dettes de capitaux propres et financières.

Dans cette présentation, le ratio doit être supérieur à 1 pour assurer l’indépendance financière. Dans le domaine de la finance internationale, le rapport d’engrenage est utilisé plus.

Ratio d’engrenage = Dettement financière/capitaux propres

Inversement, l’engrenage inférieur à 1 signifie indépendance financière.

Autres indicateurs

D’autres indicateurs, proches dans leur analyse sont régulièrement calculés :

  • Capacité théorique de la dette (Fonds propres — dettes financières) : mesure la capacité théorique de la dette de l’entreprise. Il s’agit du montant que l’entreprise est en mesure d’emprunter tout en respectant la règle de la dette maximale.
  • Le rapport d’autonomie financière  : Il mesure la part de financement propre de l’entreprise par rapport à l’ensemble des financements. Un taux de 20 -25% est considéré comme un minimum.

Dette et rentabilité

La dette est souvent considérée comme un ennemi de l’entreprise, un passage obligé d’investir mais qui doit être réduit, voire aboli pour parvenir à zéro endettement.

Certes, le risque financier (risque de non – remboursement des dettes) doit être maîtrisé, mais une dette importante ne signifie pas nécessairement des difficultés et des dangers.

La dette dépend de l’étape de cycle de vie de l’entreprise (niveau élevé d’endettement au démarrage ou en phase de croissance). La dette peut alors être considérée comme l’instrument d’une entreprise ambitieuse, qui va de l’avant pour tirer parti de tous les relais de croissance.

La dette vous permet également de profiter de Levier . Il correspond à l’augmentation de la rentabilité financière grâce à la financement en capital emprunté . En effet, lorsque le taux d’intérêt reste inférieur au taux de rendement générés par les investissements financés par l’emprunt, le taux de rendement financier (ROE) augmente. Dette rejoint dans ce cas, l’intérêt des associés.

exemple

Ou une entreprise industrielle qui présente le bilan suivant :

ACTIF Montant PASSIF Montant
Actif immobilisé 2 445 000 Capitaux propres
Capital 700 000
Réserve légale 70 000
Autres réserves 580 000
Report 0
Résultat de l’exercice 100 000
Sous-total 1 450 000
Actif circulant Dette
Stocks 150 000 Emprunt 1 200 000
Créances clients 400 000 Dettes des fournisseurs 300 000
Disponibilités 5 000 Dettes fiscales et sociales 50 000
Total actif 3.000 000 Total des passifs 3.000 000

Informations supplémentaires :

La capacité d’autofinancement (CAF) pour le dernier exercice s’est élevée à 350.000€.

Premières analyses

En première lecture, on peut faire les commentaires suivants :

  • Les partenaires ont investi 700 000€ dans la société (montant du capital).
  • La société a réalisé un bénéfice au cours du dernier exercice (d’un montant de 100 000€).
  • Dans le passé, la société a également réalisé des bénéfices : nous voyons la présence de réserves (bénéfices antérieurs non distribués) pour un montant global de 650.000€. La réserve légale a atteint son plafond, soit 10% du capital (700.000 x 10% = 70 000€).
  • La société est endettée de 1,2 million d’euros.
  • Le montant des liquidités à la fin du dernier exercice s’élève à 5 000 euros.

Analyse complémentaire

Montant Calcul
Capital permanent 2 650 000 1 450 000 1 200 000
(-) Actifs immobilisés 2 445 000
(=) FDR 205 000
Actifs hors flux de trésorerie 550 000 150 000 400 000
(-) Passifs circulants 350 000 300 000 50 000
(=) BFR 200 000

Le calcul du RAD permet de constater que le montant du capital permanent (capitaux propres et emprunts) permet de financer des immobilisations d’où un FDR positif.

Le montant du RAD permet également de financer le BFR (besoin de financement à partir du cycle d’exploitation).

Le capital permanent (2 650.000€) permet de financer :

  • immobilisations 2.445.000
  • le BFR 200.000
  • un flux de trésorerie net positif 5.000
Montant Calcul
Rapport d’engrenage 83% 1 200 000/1 450 000
Ratio d’autosuffisance financière 48% 1 450 000/3 000 000
OE 7,41% 100 000/(1 450 000 — 100 000)
Financière/CIF 3,43 1 200 000/350 000

Le calcul des ratios supplémentaires montre que l’indépendance financière est respectée ( 100%). Le ratio dispose d’un niveau suffisant d’autonomie financière (> 20 — 25 %).

Toutefois, l’échelle de la rentabilité par rapport au niveau de la dette semble risquée. L’endettement financier représente 3,5 ans de CIF, le maximum recommandé étant de 4. Le risque de ne pas générer suffisamment de rentabilité et de trésorerie avec l’opération pour rembourser le prêt est réel. L’entreprise doit améliorer ses bénéfices et CIF pour réduire ce risque.

Le taux de rendement affiché (7,41 %) est comparé à la moyenne du secteur.

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